Premières rencontres automnales des réseaux d'accueil
La Feina, 15 et 16 octobre 2024
Au cœur des volcans d’Auvergne, dans le lieu d’accueil La Feina, une petite trentaine de personnes représentant 6 réseaux et une quinzaine de structures distinctes s’est retrouvée pour entamer la discussion, brasser des idées, confronter les divergences et trouver les points d’union entre ces différents réseaux, dans l’idée d’arriver à terme à travailler de concert pour avoir plus de poids à l’échelle nationale et pouvoir ainsi défendre une vision alternative de l’accueil social.
Les rencontres se sont déroulées sur deux jours et se sont articulées autour de plusieurs temps : un temps de présentation de chaque réseau, des moments de débat en assemblée, des réflexions en petits groupes et bien sûr, des moments de convivialité qui ont émaillé le déroulé plus formel des journées.
Ce compte-rendu ne se veut pas exhaustif et ne reflétera évidemment pas toute la richesse et les nuances des discussions qui ont eu lieu, mais il permet tout de même de garder une trace de ce qu’il s’est passé et pourra servir de base pour la suite de ce travail au long cours.
Pour commencer, voici la liste des différents réseaux présents pendant les rencontres et le nombre de personnes adhérant à chacun d’eux dans l’assemblée. Une fiche de présentation dédiée pour chaque réseau se trouvera en annexe de ce document.
• GERPLA (Groupe d’Échange et de Recherche pour la Pratique en Lieu d’Accueil) : 17
• FNLV (Fédération Nationale des Lieux de Vie) : 6
• OSER (Organisateurs de Séjours Éducatifs dits de Rupture) : 6
• Accueil Paysan : 3
• CIVAM (Centre d’Initiatives pour la Valorisation de l’Agriculture et le Milieu Rural) : 2
• FASTE sud Aveyron (Foyer d’Accueil et de Soutien TEmporaire) : 2
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La première question qui a été posée à l’ensemble des personnes présentes était la suivante :
« Pourquoi est-on là ? » Il s’agissait de comprendre les envies et attentes individuelles ainsi que collectives qui ont donné lieu à ces deux jours de rencontre.
L’exercice n’a pas été simple car certain·es arrivaient avec une idée bien précise de ce qu’iels venaient chercher là et le désir de repartir avec du concret et des projections alors que d’autres avaient répondu à l’appel dans l’idée de sonder les envies, d’apprendre à se connaître entre réseaux, de prendre le temps de la rencontre avant de se lancer dans de l’action collective.
Nous avons néanmoins réussi à identifier des volontés communes, à partager des constats et des peurs. Voici un condensé des positions qui ont été exprimées sur la raison de notre venue à ces rencontres ainsi que sur les projections pour le futur de ce groupe :
✔ se rencontrer entre réseaux qui agissent dans le même domaine, rompre l’isolement ;
✔ prendre le temps d’écouter nos histoires, nos parcours différents, s’inspirer aussi de ce qui se fait ailleurs, à l’international ;
✔ avoir une instance, un·e porte-parole qui regrouperait tous ces réseaux pour être moins isolé·es et avoir plus de force pour défendre notre vision de l’accueil, faire face aux nouvelles lois, etc. ;
✔ constituer une force politique, syndicale, pédagogique commune ;
✔ favoriser la diversité des lieux, préserver des formes alternatives d’accueil, lutter contre la normalisation ;
✔ aider d’autres lieux à se créer, puis à perdurer ;
✔ créer des canaux de communication entre nous et vers l’extérieur, être plus visibles ;
✔ partager des ressources, mutualiser nos moyens (financiers, juridiques, de formation, etc.).
Ces envies sont de natures très diverses et s’étalent sur des temporalités différentes. Alors pour avancer ce travail de réflexion sur ce qu’il nous serait possible de faire ensemble, nous nous sommes efforcé·es de réfléchir à ce qui nous rassemblait et ce qui nous rendait uniques au sein de ce groupement de réseaux. Pour faire simple, il s’agissait d’identifier nos forces et nos freins pour avancer et travailler ensemble.
L’exercice nous a permis de nous rendre compte que nous partagions des valeurs et des envies communes, comme notre volonté d’accueillir autrement, de proposer une forme artisanale d’accueil articulée autour de petites structures, qui permettent ainsi des accompagnements individualisés tout en conservant leur indépendance de fonctionnement. Ce dénominateur commun qu’est la défense de l’artisanat social est ce qui nous pousse à vouloir nous rassembler aujourd’hui, au-delà du sentiment d’urgence qui a fait de cette envie une nécessité. Enfin, il ne faut pas oublier que des liens existent déjà entre les réseaux présents à ces rencontres. Il est essentiel de s’appuyer sur ces liens, de les renforcer, d’en développer d’autres et de tisser un maillage plus dense dans notre microcosme du travail social alternatif.
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Pour réaliser tout cela il nous faudra évidemment composer avec les obstacles et les différences qui existent entre nos réseaux. Par exemple, la petitesse des structures, qui peut être une véritable force, constitue également un obstacle en cas de problème : pour se défendre, pour se faire entendre, pour mobiliser l’énergie nécessaire au sein d’un groupe réduit, etc.
Il existe aussi des freins d’ordre pratique, comme l’éloignement géographique ou le peu de temps disponible à investir dans une nouvelle organisation. Mais le véritable point d’achoppement dans cette démarche sera de trouver comment composer avec des parties si singulières, si différentes les unes des autres, qui brassent des visions politiques et représentations diverses. Pour réaliser ce travail commun il faudra faire fi des rancunes du passé, réussir à évacuer les problèmes d’ego, ne pas se cantonner à une vision étriquée depuis notre petite structure, trouver des moyens d’établir une communication entre nous. Et il faudra également prendre en compte les individus qui composent chacun de ces réseaux, avec leurs limites et leurs projections individuelles.
Ces forces et ces freins seront à garder à l’esprit tout au long du processus, pour réussir à élaborer collectivement et avancer sans se heurter à tous les écueils de la mise en commun.
Une autre question qui a émergé pendant ces deux jours était de savoir sous quelle forme envisager ce réseau de réseaux. Faut-il imaginer une nouvelle instance avec un nom commun qui engloberait toutes ces structures, ou alors une fédération des structures existantes, ou encore une autre voie ? Ce sujet a suscité beaucoup de discussions et il a été difficile de tomber d’accord, ce qui constituait en soi une amorce de réponse : il est sûrement trop tôt pour répondre à ce genre de questions. Il n’est en effet pas possible de déterminer sous quelle forme nous souhaitons nous structurer avant d’avoir pris le temps de nous rencontrer, d’avoir mis au clair où nous souhaitons aller et ce que nous voulons faire ensemble. C’est un travail qui prendra du temps et il est important de ne pas brûler les étapes. Voilà donc ce qu’il nous faudra mettre au travail lors des prochaines rencontres et bien sûr, dans l’intervalle qui nous sépare de celles-ci, ce à quoi il nous faut réfléchir au sein de nos réseaux.
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Pour finir, nous avons jeté sur le papier quelques idées de réalisations communes que nous imaginions pour le futur, dont voici un petit florilège :
- prendre des décisions collectivement, avoir une collégialité au sein du réseau ;
- mutualiser nos outils et nos ressources ;
- trouver l’équilibre entre valoriser nos différences et savoir les nuancer pour s’allier et avoir plus de poids ensemble ;
- avoir un·e représentant·e national·e pour chaque regroupement ;
- échanger entre nos réseaux, trouver un socle commun ;
- écrire un texte, un manifeste, réaliser un documentaire, etc. ;
- servir d’instance identifiée pour assurer un lien entre les accueilli·es, les institutions, les différentes structures impliquées ;
- recueillir les histoires des différents réseaux, recueillir des témoignages, compiler les expériences, faire un état des lieux des lieux ;
- organiser un événement ensemble.
Toutes ces idées évolueront avec le temps, certaines se préciseront, d’autres seront peut-être abandonnées, tout cela n’est pas figé dans le marbre. Le but est surtout d’en garder une trace pour voir l’évolution et le travail en cours. Toutes ces discussions et ces projections que nous avons partagées pendant ces deux jours et que nous partageront à nouveau lors des prochaines rencontres permettront avec le temps de dessiner le contour toujours plus précis de ce regroupement de réseaux que nous souhaitons. Rendez-vous donc au prochain épisode.
En complément de ce compte-rendu, vous trouverez, en téléchargement ici, les fiches de présentation des réseaux présents lors des rencontres.
Pour rédiger ces fiches, chaque réseau a dû répondre aux questions suivantes :
- Qui sommes-nous ?
- Quelles sont nos missions ?
- Qui représente-t-on ? (nombre d’accueillant·es, accueilli·es...)
- Quelle organisation/forme de structure avons-nous ?
- Quels outils de communication utilisons-nous ?